Le concept de dissonance cognitive
Définition, exemples et importance en psychologie


Pourquoi ce concept est important

La dissonance cognitive, tu vas la croiser dès la L1, surtout en psychologie sociale et cognitive. C’est un grand classique des QCM, des dissertations sur les attitudes et des oraux portant sur le changement de comportement. Pourquoi ça coince souvent ? Parce qu’on confond facilement dissonance cognitive et conflit psychologique, ou encore rationalisation et réduction de dissonance. En plus, les profs adorent poser des questions pièges sur les stratégies utilisées pour réduire cette tension psychologique.

Cette fiche va t’aider à maîtriser ce concept incontournable : définition claire, exemples qui parlent, auteurs à citer sans hésiter (Festinger en tête), et liens directs vers les expériences emblématiques et les livres essentiels. De quoi cartonner en exam et comprendre enfin pourquoi on se justifie quand nos actes contredisent nos croyances.


📌Psychofiche express

Nom du concept : Dissonance cognitive

Domaine principal : Psychologie sociale / Psychologie cognitive

Mots-clés associés : Attitude, comportement, justification, rationalisation, inconfort psychologique, cohérence cognitive

Auteurs majeurs : Leon Festinger, Elliot Aronson, Joel Cooper

Expériences emblématiques : Expérience de Festinger et Carlsmith (1959), Expérience de la secte des Seekers (1956)

Niveau : L1 / L2 / L3

Fréquence en examen : Très fréquente

À connaître surtout pour : QCM / Dissertations / Études de cas / Oraux

Mini-résumé : La dissonance cognitive désigne l’état de tension psychologique inconfortable ressenti lorsqu’une personne détient simultanément deux cognitions (croyances, attitudes, connaissances) contradictoires, ou quand son comportement contredit ses convictions. Pour réduire cet inconfort, elle modifie ses attitudes, justifie ses actes ou minimise l’importance de la contradiction.


Définition du concept de dissonance cognitive

Définition en langage courant

Imagine que tu te considères comme quelqu’un de respectueux de l’environnement, mais que tu prends l’avion trois fois par an pour partir en vacances. Cette contradiction entre ton image de toi (« je suis écolo ») et ton comportement (voyages en avion) crée un malaise psychologique. C’est ça, la dissonance cognitive : une tension mentale quand ce que tu fais ne colle pas avec ce que tu penses ou ce en quoi tu crois.

Définition académique

La dissonance cognitive est un état de tension psychologique éprouvé par un individu lorsque deux cognitions (pensées, croyances, connaissances, attitudes) ou plus sont psychologiquement incohérentes entre elles, ou lorsque son comportement contredit ses attitudes ou valeurs. Selon Leon Festinger (1957), cette tension motive la personne à réduire la dissonance par différentes stratégies : modifier l’une des cognitions, ajouter de nouvelles cognitions consonantes, ou minimiser l’importance de la contradiction.

Différence avec les concepts proches

  • Dissonance cognitive ≠ Conflit psychologique : le conflit oppose des motivations ou désirs (approche-évitement), tandis que la dissonance concerne l’incompatibilité entre cognitions ou entre cognition et comportement.
  • À ne pas confondre avec la rationalisation : la rationalisation est une stratégie de réduction de la dissonance (justifier après coup), pas la dissonance elle-même.
  • Dissonance ≠ Ambivalence : l’ambivalence est le fait d’avoir simultanément des sentiments positifs et négatifs envers un objet ; la dissonance est un état d’inconfort dû à l’incohérence.

D’où vient ce concept et qui l’a développé ?

Brève histoire

La théorie de la dissonance cognitive naît en 1957 avec la publication de A Theory of Cognitive Dissonance par Leon Festinger, psychologue social américain. Le contexte : l’après-guerre et l’essor de la psychologie sociale expérimentale. Festinger cherchait à comprendre pourquoi les gens persistent dans leurs croyances même face à des preuves contraires, observation faite notamment lors de l’infiltration d’une secte apocalyptique (les Seekers) en 1954.

Auteurs principaux

  • Leon Festinger : créateur de la théorie en 1957, il a montré que les individus cherchent activement la cohérence cognitive et que l’incohérence génère une motivation puissante au changement. Voir sa fiche Auteur et son livre fondateur L’Échec d’une prophétie (co-écrit avec Riecken et Schachter).
  • Elliot Aronson : a élargi la théorie dans les années 1960-70, notamment en montrant que la dissonance est plus forte quand elle touche le concept de soi (théorie de l’auto-cohérence).
  • Joel Cooper : reformule la théorie dans les années 2000, insistant sur le rôle de la responsabilité personnelle et des conséquences aversives du comportement.

Évolutions importantes

La théorie initiale de Festinger a été affinée : on sait aujourd’hui que la dissonance est maximale quand la personne se sent libre et responsable de son acte, et quand les conséquences sont négatives. Des débats subsistent sur les mécanismes exacts (motivation cognitive vs. défense du soi).


Comprendre la dissonance cognitive en profondeur

Les éléments clés du concept

  • Cognitions : toute connaissance, opinion, croyance ou attitude qu’une personne a sur elle-même, son comportement ou son environnement. Deux cognitions peuvent être consonantes (cohérentes), dissonantes (contradictoires) ou non pertinentes l’une pour l’autre.
  • Tension psychologique : la dissonance génère un état d’activation désagréable, proche de l’anxiété ou de l’inconfort, qui motive la personne à agir pour le réduire.
  • Ratio dissonance/consonance : l’intensité de la dissonance dépend du nombre et de l’importance des cognitions dissonantes vs. consonantes. Plus les cognitions dissonantes sont nombreuses ou importantes, plus la tension est forte.
  • Stratégies de réduction : pour rétablir la cohérence, l’individu peut (1) changer une cognition (modifier son attitude), (2) changer son comportement, (3) ajouter de nouvelles cognitions consonantes (justifier), ou (4) minimiser l’importance de la dissonance.

Comment ce concept est utilisé en psychologie

La dissonance cognitive est centrale en psychologie sociale pour expliquer le changement d’attitude, la persuasion, et les phénomènes de soumission librement consentie. On la retrouve dans les études sur la prise de décision, le comportement de santé (pourquoi les fumeurs minimisent les risques), le comportement du consommateur, et même en psychologie clinique (résistance au changement thérapeutique).

En recherche, on mesure la dissonance via des auto-questionnaires d’inconfort, des mesures physiologiques (activation), ou en observant les changements d’attitude après un comportement contre-attitudinal. Les paradigmes expérimentaux classiques incluent la « soumission forcée » (faire adopter un comportement contraire à ses attitudes avec faible récompense) et le « choix libre » (décision entre deux options également attractives).


Exemples concrets pour bien retenir

Exemple 1 : Le fumeur qui rationalise

Marc fume un paquet par jour mais sait pertinemment que le tabac provoque le cancer. Cette incohérence crée une dissonance. Pour la réduire, Marc peut : arrêter de fumer (changer son comportement), se convaincre que les études sur le cancer sont exagérées (modifier une cognition), ou se dire « mon grand-père a fumé toute sa vie et vécu jusqu’à 90 ans » (ajouter une cognition consonante). Ici, le concept de dissonance cognitive se voit dans les stratégies de justification que Marc utilise pour maintenir son comportement malgré ses connaissances.

Exemple 2 : L’expérience des 1$ vs. 20$

Dans l’expérience classique de Festinger et Carlsmith (1959), des participants effectuent une tâche ennuyeuse puis doivent mentir à quelqu’un en lui disant qu’elle était intéressante. Ceux payés 1$ (faible justification externe) changent davantage leur attitude et finissent par trouver la tâche plus intéressante que ceux payés 20$ (forte justification). Ici, la dissonance cognitive explique pourquoi une faible récompense produit un changement d’attitude plus fort : sans justification externe suffisante, on modifie son attitude interne pour réduire l’incohérence.

Exemple 3 : Choix de filière universitaire

Léa hésite entre deux masters également intéressants. Une fois son choix fait, elle se met à valoriser davantage le master choisi et à dénigrer l’autre option. Le concept de dissonance post-décisionnelle se manifeste ici : après un choix difficile, on réduit la dissonance en renforçant les aspects positifs de l’option choisie et les aspects négatifs de celle rejetée.


Auteurs, expériences et livres à connaître avec ce concept

Auteurs associés

  • Leon Festinger : fondateur de la théorie (1957), a introduit le concept et ses mécanismes de base dans le cadre de la psychologie sociale expérimentale → voir fiche Auteur
  • Elliot Aronson : développé la théorie de l’auto-cohérence, montrant que la dissonance menace le concept de soi → voir fiche Auteur
  • Joel Cooper : reformulation contemporaine insistant sur la responsabilité personnelle et les conséquences négatives
  • Claude Lévy-Leboyer : diffusion et adaptation du concept en psychologie sociale francophone

Expériences majeures

  • Expérience de Festinger et Carlsmith (1959) : paradigme de la soumission forcée avec récompenses de 1$ vs. 20$, démontrant que faible justification = fort changement d’attitude → voir fiche Expérience
  • L’infiltration de la secte des Seekers (1956) : étude de terrain montrant comment les membres renforcent leurs croyances après l’échec d’une prophétie apocalyptique → voir fiche Expérience
  • Expérience du libre choix (Brehm, 1956) : démonstration de la dissonance post-décisionnelle par réévaluation des alternatives

Livres utiles

  • Pour L1-L2 : Psychologie sociale de Serge Moscovici (chapitre sur les attitudes) ; Psychologie sociale de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois → voir fiche Livre
  • Pour L3-Master : L’Échec d’une prophétie de Festinger, Riecken et Schachter (édition française) ; Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens de Joule et Beauvois (applications) → voir fiches Livres

Ce qu’il faut retenir pour les examens

À savoir par cœur

Définition courte : La dissonance cognitive est un état de tension psychologique ressenti quand deux cognitions sont contradictoires ou quand le comportement contredit les attitudes. Cette tension motive la personne à réduire l’incohérence par modification d’attitudes, ajout de justifications ou changement de comportement.

Auteurs à associer : Leon Festinger (créateur, 1957), Elliot Aronson (auto-cohérence), Joel Cooper (responsabilité)

Exemples concrets : L’expérience 1$/20$ de Festinger-Carlsmith ; le fumeur qui minimise les risques ; la valorisation post-choix

Erreurs fréquentes à éviter

  • Confondre dissonance et rationalisation : la rationalisation est une stratégie de réduction, pas la dissonance elle-même
  • Attention au paradoxe de la récompense : plus la justification externe est forte (grosse récompense), moins le changement d’attitude est important – c’est contre-intuitif mais essentiel !
  • Oublier la condition de liberté : la dissonance n’apparaît que si la personne se sent libre et responsable de son acte
  • Dire « c’est juste de l’hypocrisie » : la dissonance est un processus motivationnel inconscient, pas un mensonge conscient
  • Confondre avec le conflit approche-évitement : celui-ci concerne des motivations opposées, pas des cognitions incohérentes

Résumé en 5 points

  1. Ce que ça signifie : État de tension psychologique face à des cognitions contradictoires ou un comportement incohérent avec ses attitudes.
  2. Auteurs à citer : Leon Festinger (1957) obligatoirement, Elliot Aronson pour aller plus loin.
  3. L’exemple clé : L’expérience 1$/20$ qui montre que faible justification externe = fort changement d’attitude interne.
  4. Type de questions : QCM sur les stratégies de réduction, dissertations sur changement d’attitude, études de cas sur comportements de santé ou consommation.
  5. Lien avec autre concept : Voir aussi Soumission librement consentie, Engagement, Rationalisation et Théorie de l’attribution.

FAQ – Dissonance cognitive

Quel livre lire pour bien comprendre la dissonance cognitive ?

Pour débuter (L1/L2) :
« Psychologie sociale » de Serge Moscovici → Un chapitre entier sur la dissonance, avec des exemples clairs. Parfait pour avoir une vue d’ensemble.
« L’Échec d’une prophétie » de Festinger, Riecken & Schachter → L’étude de cas originale (la secte des Seekers). Passionnant et facile à lire, même si c’est un texte fondateur.
Pour approfondir (L3/Master) :
« A Theory of Cognitive Dissonance » de Leon Festinger (1957) →  Le texte original en anglais. Dense mais incontournable pour les mémoires.

Quelle est la différence entre dissonance cognitive et mauvaise foi ?

Excellente question, souvent posée en oral !
La mauvaise foi (concept philosophique, Sartre) = se mentir à soi-même consciemment, refuser d’assumer sa liberté ou ses choix. C’est un jugement moral.
La dissonance cognitive = mécanisme psychologique involontaire. La personne ressent vraiment un inconfort et cherche sincèrement à le réduire. Elle ne se rend pas forcément compte qu’elle rationalise.
Exemple :
Mauvaise foi :
« Je sais que je devrais arrêter de fumer, mais bon, faut bien mourir de quelque chose » (avec un sourire cynique)
Dissonance cognitive : « Finalement, ma grand-mère a fumé toute sa vie et elle a vécu jusqu’à 90 ans, donc c’est pas si grave » (croyance sincère pour réduire l’inconfort)
Piège à éviter en dissert : Ne confonds pas les deux ! La dissonance est un concept scientifique en psychologie, pas un jugement moral.

La dissonance cognitive s’applique-t-elle à tous les comportements ?

Non, et c’est important de le savoir pour nuancer en dissert !
Conditions nécessaires pour qu’il y ait dissonance :
Liberté de choix : Si tu es forcé(e), pas de dissonance (c’est pour ça que les participants de Milgram ne ressentaient pas forcément de dissonance pendant l’expérience)
Engagement public : Plus ton comportement est visible, plus la dissonance est forte
Conséquences importantes : Mentir sur un détail mineur ≠ mentir sur quelque chose de grave
Irrévocabilité : Une fois que c’est fait, on ne peut pas revenir en arrière
Implication du concept de soi : Quand ça touche à ton identité (« je suis quelqu’un de bien »), la dissonance est maximale
👉 Exemples où il n’y a PAS de dissonance :
Tu manges de la viande alors que tu as dit vouloir devenir végétarien… mais tu n’as jamais vraiment pris cette décision publiquement → Pas d’engagement réel
Ton patron t’oblige à mentir à un client → Pas de liberté de choix
Tu oublies de recycler une bouteille en plastique → Conséquence minime, peu d’impact sur ton concept de soi
👉 Nuance importante pour les disserts : Précise que « selon Aronson (1969), la dissonance est surtout activée quand le comportement menace l’image positive que la personne a d’elle-même. » Ça montre que tu maîtrises les évolutions de la théorie !

Un exemple concret de dissonance cognitive dans la vie quotidienne d’étudiant ?

👉 Situation ultra-classique (tu vas te reconnaître 😅) : Le syndrome du « je commence lundi »
Cognition 1 : « Je suis un(e) bon(ne) étudiant(e), sérieux/se »
Comportement : Tu scrolles Instagram au lieu de réviser ton exam de lundi
Dissonance : Inconfort psychologique (« je culpabilise… »)
👉 Stratégies de réduction observées :
Modifier l’attitude : « De toute façon, les notes c’est pas si important, l’essentiel c’est de s’épanouir » → Tu changes ta cognition sur l’importance des études
Ajouter des cognitions consonantes : « Oui mais j’ai vraiment besoin de décompresser, c’est important pour ma santé mentale. Et puis j’apprends plein de choses intéressantes sur Insta » → Tu justifies ton comportement
Minimiser l’importance : « C’est qu’un partiel, ça compte pas tant que ça dans la moyenne finale » → Tu réduis l’importance de la contradiction
Modifier le comportement (le plus rare !) : Tu poses ton téléphone et tu te mets vraiment à réviser
👉 Pourquoi c’est intéressant : Ça montre que la dissonance cognitive explique pourquoi on se trouve toujours de « bonnes raisons » de procrastiner ! Et ça peut faire un excellent exemple en dissert si le sujet s’y prête.




💬 Une question qui n’est pas dans la FAQ ?

Si tu bloques sur un point précis concernant la dissonance cognitive, n’hésite pas à poser ta question en commentaire. On complète régulièrement cette FAQ avec les questions des étudiants !

Fiche évolutive et demande de commentaire

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