Le Concept de Conformisme
Définition, exemples et importance en psychologie
Pourquoi ce concept est important
Le conformisme est un concept incontournable en psychologie sociale que tu rencontreras dès la L1, et qui revient régulièrement dans les QCM, dissertations et oraux. Il explique pourquoi nous modifions parfois nos opinions ou comportements sous l’influence du groupe, même quand nous savons avoir raison. Ce concept est souvent confondu avec la soumission à l’autorité (Milgram) ou l’obéissance, alors qu’il concerne spécifiquement la pression implicite du groupe. Cette fiche te donne une définition claire, les expériences emblématiques (surtout celle d’Asch), les auteurs à citer, et des exemples concrets pour réussir tes examens. Tu y trouveras aussi les erreurs classiques à éviter et les liens avec d’autres concepts clés de la psychologie sociale.
📌 PSYCHOFICHE : Le Concept de Conformisme
Nom du concept : Conformisme
Domaine principal : Psychologie sociale
Mots-clés associés : influence sociale, normalisation, pression de groupe, majorité, unanimité, paradigme d’Asch
Auteurs majeurs :
- Solomon Asch
- Muzafer Sherif
- Serge Moscovici
Expériences emblématiques :
- Expérience d’Asch sur les lignes (1951-1956)
- Expérience autocinétique de Sherif (1936)
Niveau : L1 / L2 / L3
Fréquence en examen : Très fréquente
À connaître surtout pour : QCM / dissertations sur l’influence sociale / études de cas
Mini-résumé : Le conformisme désigne la modification du comportement, des opinions ou des jugements d’un individu pour s’aligner sur ceux du groupe, même en l’absence de pression explicite. C’est un processus d’influence sociale qui intervient lorsque la majorité du groupe exprime une position donnée, poussant l’individu à abandonner son propre jugement initial.
Définition du concept
En langage courant
Imagine que tu es avec un groupe d’amis qui affirment tous qu’un film est génial, alors que toi, tu l’as trouvé médiocre. Si tu finis par dire « oui, effectivement, il était pas mal » pour ne pas créer de malaise, tu fais du conformisme. C’est le fait de changer ton comportement ou ton opinion pour être en accord avec le groupe, même si au fond, tu penses différemment. Personne ne t’y oblige directement, mais la pression implicite du groupe suffit.
Définition académique
Le conformisme est un processus d’influence sociale par lequel un individu modifie ses attitudes, jugements, opinions ou comportements pour les aligner sur les normes perçues du groupe majoritaire. Cette modification peut être publique (changement du comportement observable) sans être privée (maintien de la conviction intime), on parle alors de complaisance, ou bien elle peut être à la fois publique et privée, constituant une véritable intériorisation des normes du groupe. Le conformisme se distingue de la soumission à l’autorité car il ne nécessite pas de relation hiérarchique explicite : c’est la simple présence d’un consensus de groupe qui exerce la pression.
D’où vient ce concept et qui l’a développé ?
Brève histoire
Le conformisme comme objet d’étude scientifique émerge dans les années 1930-1950, dans un contexte post-Seconde Guerre mondiale où les psychologues sociaux s’interrogent sur les mécanismes d’influence collective ayant permis l’adhésion massive à des idéologies totalitaires. Les chercheurs veulent comprendre comment les individus ordinaires peuvent adopter des comportements ou croyances collectives, parfois en contradiction avec leur jugement personnel.
Auteurs principaux
Muzafer Sherif (1936) est le précurseur avec son expérience sur l’effet autocinétique, démontrant la normalisation des jugements perceptifs dans l’ambiguïté. Il montre comment les individus convergent vers une norme commune en l’absence de référence objective.
Solomon Asch (1951-1956) est LA référence incontournable sur le conformisme. Ses expériences sur la comparaison de lignes démontrent que même face à une réalité objective évidente, environ 37% des réponses sont conformes à l’erreur manifeste du groupe, et 75% des participants se conforment au moins une fois.
Serge Moscovici (années 1970-1980) enrichit le concept en étudiant l’influence minoritaire, montrant que le conformisme n’est pas une voie unique : les minorités cohérentes peuvent aussi influencer la majorité.
Évolutions importantes
Le concept a évolué d’une vision unidirectionnelle (majorité → individu) vers une compréhension plus dynamique incluant l’influence minoritaire et les facteurs modérateurs (taille du groupe, unanimité, culture).
Comprendre le concept en profondeur
Les éléments clés du concept
Influence informationnelle : l’individu se conforme parce qu’il pense que le groupe détient une information plus juste que lui. Il doute de son propre jugement et considère le consensus du groupe comme une preuve de véracité. Cela conduit généralement à une intériorisation réelle de la norme.
Influence normative : l’individu se conforme pour être accepté, éviter le rejet social ou le ridicule, même s’il reste convaincu de son propre jugement. Il s’agit d’une complaisance publique sans adhésion privée. C’est le mécanisme le plus fréquent dans les expériences d’Asch.
Facteurs modulateurs :
- Unanimité du groupe : un seul allié brisant l’unanimité réduit drastiquement le conformisme (de 37% à 5% dans les études d’Asch)
- Taille du groupe : l’effet plafonne généralement autour de 3-5 personnes
- Difficulté de la tâche : plus la tâche est ambiguë, plus le conformisme augmente
- Caractéristiques personnelles : estime de soi, expertise perçue, culture (les cultures collectivistes montrent plus de conformisme)
Comment ce concept est utilisé en psychologie
Le conformisme est étudié pour comprendre les dynamiques de groupe, les prises de décision collectives, les phénomènes de mode, l’adhésion aux normes sociales, ou encore les comportements dans les jurys.
On l’opérationnalise expérimentalement par le paradigme d’Asch (utilisation de compères donnant des réponses erronées) ou par des questionnaires mesurant la tendance au conformisme dans diverses situations. En clinique, le concept aide à comprendre certaines difficultés d’affirmation de soi ou les mécanismes de pression dans les groupes pathologiques (sectes, groupes délinquants).
Il permet de prédire les comportements dans des situations d’influence sociale et d’expliquer pourquoi des individus rationnels adoptent parfois des positions manifestement incorrectes ou irrationnelles.
Exemples concrets pour bien retenir
Exemple 1 : La réunion d’entreprise
Lors d’une réunion, ton manager propose une stratégie que tu trouves inefficace. Tous tes collègues acquiescent et approuvent. Même si tu as des arguments solides, tu choisis de ne rien dire et même de hocher la tête. Ici, le concept de conformisme se voit dans ta modification comportementale (approbation silencieuse) face à l’unanimité apparente du groupe, par crainte du rejet social ou de l’isolement professionnel (influence normative).
Exemple 2 : Le choix de vêtements
Tu trouves qu’un style vestimentaire est peu flatteur, mais tu constates que tous tes amis l’adoptent et le complimentent mutuellement. Progressivement, tu commences à trouver ce style « pas si mal » et finis par l’adopter toi-même, convaincu(e) qu’il est effectivement tendance. Le conformisme apparaît ici à travers l’intériorisation progressive d’une norme esthétique du groupe (influence informationnelle : « s’ils trouvent tous ça bien, j’ai peut-être tort »).
Exemple 3 : L’expérience d’Asch en laboratoire
Un participant doit identifier quelle ligne (parmi trois) correspond à une ligne-étalon. La réponse est évidente. Mais sept compères avant lui donnent tous la même réponse fausse. Dans 37% des cas, le participant se conforme et donne aussi la mauvaise réponse, alors qu’en condition contrôle (seul), il ne se trompe jamais. C’est la démonstration expérimentale pure du conformisme : modification du jugement sous pression majoritaire malgré l’évidence perceptive.
Auteurs, expériences et livres à connaître avec ce concept
Auteurs associés
Solomon Asch : auteur de l’expérience emblématique sur le conformisme (1951), il a démontré expérimentalement la puissance de la pression majoritaire même face à l’évidence objective.
Muzafer Sherif : a étudié la normalisation sociale et l’émergence de normes de groupe dans des situations ambiguës avec l’effet autocinétique.
Serge Moscovici : a développé la théorie de l’influence minoritaire et l’approche génétique de l’influence sociale, nuançant l’omniprésence du conformisme.
Stanley Milgram : bien que connu pour la soumission à l’autorité, ses travaux éclairent les différences entre conformisme (pression du groupe) et obéissance (ordre hiérarchique).
Expériences majeures
Expérience d’Asch sur les lignes (1951-1956) : paradigme expérimental où des participants doivent juger la longueur de lignes après avoir entendu des compères donner des réponses manifestement fausses. Démontre le conformisme face à la majorité.
Expérience autocinétique de Sherif (1936) : utilise l’illusion du mouvement d’un point lumineux fixe dans l’obscurité pour montrer comment émergent des normes de groupe face à l’ambiguïté perceptive.
Variantes de Milgram sur le conformisme (1960s) : montrent que la présence de pairs désobéissants réduit la soumission à l’autorité, illustrant l’interaction entre conformisme et obéissance.
Livres utiles
« Psychologie sociale » de Serge Moscovici (PUF) : chapitre fondamental sur l’influence sociale et le conformisme, niveau L2-L3.
« Psychologie sociale » de Myers et Lamarche (édition francophone) : excellente introduction au conformisme avec exemples contemporains, niveau L1-L2.
« Influence et manipulation » de Robert Cialdini : aborde le conformisme sous l’angle de la preuve sociale, accessible et appliqué, tous niveaux.
Ce qu’il faut retenir pour les examens
À savoir par cœur
Définition courte : Le conformisme est la modification du comportement ou du jugement d’un individu pour s’aligner sur les normes d’un groupe majoritaire, en l’absence de pression explicite. Il résulte d’une influence informationnelle (le groupe a raison) ou normative (éviter le rejet).
Auteurs à citer : Solomon Asch (expérience des lignes, 1951), Muzafer Sherif (effet autocinétique, 1936), Serge Moscovici (influence minoritaire).
Chiffres clés d’Asch : 37% de réponses conformes erronées, 75% des participants se conforment au moins une fois, réduction drastique du conformisme si l’unanimité est brisée.
Erreurs fréquentes à éviter
❌ Confondre conformisme et soumission à l’autorité : le conformisme vient de la pression du groupe (pairs), la soumission vient d’un ordre hiérarchique (Milgram). Pas la même dynamique.
❌ Penser que le conformisme est toujours négatif : c’est un mécanisme adaptatif qui permet la cohésion sociale et l’apprentissage des normes. Il devient problématique seulement dans certains contextes.
❌ Croire que tout le monde se conforme toujours : dans l’expérience d’Asch, 25% des participants ne se conforment jamais. Il y a des différences individuelles importantes.
❌ Oublier les facteurs modérateurs : l’unanimité, la taille du groupe, la culture et la difficulté de la tâche modulent fortement le conformisme. Ne pas les mentionner en dissertation est une lacune.
❌ Confondre normalisation (Sherif) et conformisme (Asch) : Sherif étudie l’émergence de normes dans l’ambiguïté (influence informationnelle), Asch étudie le conformisme face à l’évidence (influence normative dominante).
Résumé en 5 points
- Le conformisme est la modification de son comportement ou jugement pour s’aligner sur le groupe majoritaire, sans pression explicite.
- Solomon Asch (1951) : l’auteur incontournable avec son expérience des lignes montrant 37% de conformisme face à l’erreur manifeste du groupe.
- Exemple clé : dans l’expérience d’Asch, des participants donnent une réponse manifestement fausse simplement parce que sept compères avant eux l’ont donnée.
- Pour les examens : distingue bien influence informationnelle (le groupe sait mieux) et normative (éviter le rejet), et cite les facteurs modérateurs (unanimité, taille du groupe).
- Voir aussi : soumission à l’autorité (Milgram), influence minoritaire (Moscovici), normalisation sociale (Sherif), pensée de groupe.



