Stanley Milgram :
Biographie, Œuvres Clés et Concepts Essentiels pour Étudiants en Psycho
Si vous êtes en L1 psycho et que le nom de Milgram apparaît dans tous vos cours de psychologie sociale, cette fiche est votre boussole.
Stanley Milgram est LE psychologue social que vous ne pouvez pas contourner, celui dont l’expérience sur l’obéissance à l’autorité fait frissonner et réfléchir depuis 1963.
Pas de panique : on vous explique tout simplement, de sa vie à ses livres, pour que vous sachiez exactement par où commencer et pourquoi il est incontournable dans votre parcours. Commencez par l’Essentiel !
Psychofiche Stanley Milgram
📋 Carte d’identité
Nom complet : Stanley Milgram
Dates : 1933-1984
Nationalité : Américain
Courant principal : Psychologie sociale expérimentale
Concept-clé n°1 : La soumission à l’autorité
🎓 Pour quel niveau ?
Tous niveaux – Incontournable dès la L1, approfondi jusqu’au Master
💡 EN 3 PHRASES
Stanley Milgram est un psychologue social américain mondialement connu pour ses expériences sur l’obéissance à l’autorité menées au début des années 1960.
Il a démontré que des personnes ordinaires pouvaient commettre des actes cruels sous l’influence d’une figure d’autorité légitime.
Ses travaux ont révolutionné notre compréhension du comportement humain en situation sociale et restent des références absolues en psychologie sociale.
QUI EST STANLEY MILGRAM ?
Stanley Milgram naît en 1933 à New York, dans une famille juive d’origine européenne. Ce contexte familial n’est pas anodin : l’Holocauste et la Seconde Guerre mondiale marquent profondément sa jeunesse et orienteront ses recherches futures. Comment des millions de personnes ont-elles pu obéir à des ordres aussi barbares ? Cette question obsédante guidera son travail le plus célèbre.
Brilliant étudiant, il intègre le Queens College puis Harvard, où il obtient son doctorat en psychologie sociale en 1960 sous la direction de Gordon Allport. C’est à Yale, entre 1960 et 1963, qu’il mène ses fameuses expériences sur l’obéissance. Il poursuit ensuite sa carrière à Harvard puis au City University of New York Graduate Center.
Milgram ne se limite pas à l’obéissance : il explore aussi le « phénomène du petit monde » (théorie des six degrés de séparation), les effets de la vie urbaine sur le comportement, l’influence de la télévision. C’est un chercheur créatif, capable d’inventer des protocoles expérimentaux ingénieux et parfois controversés.
Il meurt prématurément en 1984, à 51 ans, d’une crise cardiaque, laissant derrière lui un héritage scientifique considérable et des débats éthiques toujours d’actualité.
Milgram a été un élève de Solomon Asch, célèbre pour ses expériences sur le conformisme. On voit la filiation : Asch étudie comment les individus se soumettent au groupe, Milgram comment ils se soumettent à l’autorité.
COURANT THÉORIQUE ET PLACE EN PSYCHOLOGIE
Stanley Milgram appartient au courant de la psychologie sociale expérimentale, dominant aux États-Unis dans les années 1950-1970. Ce courant cherche à comprendre comment la situation sociale influence le comportement individuel, en utilisant des méthodes expérimentales rigoureuses en laboratoire.
Ses influences
- Solomon Asch : son mentor direct, pionnier des études sur le conformisme
- Kurt Lewin : fondateur de la psychologie sociale moderne, théoricien de la dynamique de groupe
- Le contexte historique : les procès de Nuremberg (1945-1946) et la question de la responsabilité individuelle face aux ordres
En quoi il se distingue
Contrairement à d’autres psychologues sociaux de son époque qui privilégiaient les questionnaires ou l’observation, Milgram crée des situations expérimentales immersives et réalistes, où les participants croient vraiment infliger de la souffrance. Cette approche, spectaculaire et controversée, le rend unique.
Qui il a influencé
- Philip Zimbardo (expérience de la prison de Stanford, 1971)
- Tous les chercheurs en psychologie sociale qui s’intéressent aux processus de groupe, au pouvoir, à la désindividuation
- Les débats en éthique de la recherche (création de comités d’éthique dans les universités)
Critiques principales
Ses expériences ont soulevé d’énormes controverses éthiques : manipulation, stress intense des participants, absence de consentement véritablement éclairé. Aujourd’hui, ses protocoles ne pourraient plus être reproduits tels quels. Certains critiquent aussi la généralisation de ses résultats de laboratoire à des situations historiques complexes comme l’Holocauste.
Pertinence aujourd’hui
Les travaux de Milgram restent absolument fondamentaux. Ils éclairent les dérives autoritaires, les abus dans les institutions (armée, police, entreprises), et sont enseignés dans tous les cursus de psychologie sociale. À l’heure des fake news, des réseaux sociaux et des manipulations de masse, comprendre les mécanismes de soumission à l’autorité est plus crucial que jamais.
→ Voir aussi nos fiches : Solomon Asch, Philip Zimbardo, Kurt Lewin
SES CONCEPTS-CLÉS EXPLIQUÉS SIMPLEMENT
📌 La soumission à l’autorité
C’est quoi en VRAI ? C’est la tendance des individus à obéir aux ordres d’une figure d’autorité légitime, même quand ces ordres vont à l’encontre de leurs valeurs morales. Dans ses expériences, 65% des participants ont administré des chocs électriques potentiellement mortels simplement parce qu’un expérimentateur en blouse blanche le leur demandait.
Exemple concret : Au travail, vous exécutez une tâche que vous trouvez injuste ou absurde parce que votre chef vous l’a demandée. Dans les cas extrêmes, des soldats commettent des atrocités « parce qu’ils suivaient les ordres ».
Pourquoi c’est au programme : C’est LA découverte majeure de Milgram, celle qui explique pourquoi des gens ordinaires peuvent devenir complices de systèmes cruels. Essentiel pour comprendre la psychologie du mal, des génocides, des abus institutionnels.
→ Voir notre fiche détaillée : Soumission à l’autorité
📌 L’état agentique
C’est quoi en VRAI ? Quand on obéit à une autorité, on passe en « état agentique » : on se perçoit comme l’agent exécutant de la volonté d’autrui, et non comme une personne autonome responsable de ses actes. On se déresponsabilise : « Ce n’est pas moi qui décide, je ne fais qu’obéir. »
Exemple concret : Les participants de Milgram disaient : « Je ne voulais pas continuer, mais l’expérimentateur m’a dit de le faire. » Ils transféraient la responsabilité sur l’autorité.
Pourquoi c’est au programme : L’état agentique explique le mécanisme psychologique qui permet la soumission. C’est central dans l’analyse des comportements en organisation et en institution.
→ Voir notre fiche détaillée : État agentique
📌 La théorie du petit monde (six degrés de séparation)
C’est quoi en VRAI ? Milgram a montré expérimentalement qu’aux États-Unis, deux personnes prises au hasard sont reliées en moyenne par une chaîne de six connaissances. C’est la fameuse théorie des « six degrés de séparation ».
Exemple concret : Vous connaissez quelqu’un qui connaît quelqu’un… qui connaît Barack Obama. En six étapes maximum, statistiquement.
Pourquoi c’est au programme : C’est un concept majeur en psychologie sociale et en sociologie des réseaux, précurseur des analyses des réseaux sociaux numériques (Facebook, LinkedIn).
Lien avec d’autres auteurs : Cette théorie préfigure les travaux contemporains sur les réseaux sociaux et la théorie des graphes en sciences sociales.
→ Voir notre fiche détaillée : Théorie du petit monde
📌 La familiarité urbaine
C’est quoi en VRAI ? Milgram a aussi étudié les effets de la vie urbaine sur le comportement. Il a montré que les citadins développent des mécanismes de protection psychologique (indifférence, évitement) face à la surcharge sensorielle et sociale de la ville.
Exemple concret : À Paris ou New York, on ne dit pas bonjour dans le métro, on évite le regard. À la campagne, on salue tout le monde. C’est une adaptation à la « surcharge urbaine ».
Pourquoi c’est au programme : Moins connu que l’obéissance, ce concept est important en psychologie environnementale et en urbanisme.
→ Voir notre fiche détaillée : Psychologie urbaine
SES LIVRES : LE GUIDE DE LECTURE STRATÉGIQUE
| Livre | Niveau | Difficulté | Temps | Pourquoi le lire | Commencer par là ? |
|---|---|---|---|---|---|
| Soumission à l’autorité (1974) | L1+ | Facile/Moyen | 8-10h | Le livre fondamental, passionnant, accessible | ✅ OUI |
| The Individual in a Social World (1977) | L3/Master | Moyen/Difficile | 15-20h | Pour découvrir toute l’étendue de ses recherches | Non, après le 1er |
| Obedience to Authority (1974) | L2+ | Moyen | 8-10h | Version originale anglaise, pour les anglophones | Si vous lisez l’anglais |
🔸 SOUMISSION À L’AUTORITÉ (1974)
Pour qui : Dès la L1, absolument incontournable
Difficulté : Lecture facile à moyenne
Thème principal : Présentation complète des expériences sur l’obéissance à l’autorité, de leur protocole, de leurs résultats et de leur interprétation.
Ce que vous allez apprendre :
- Le protocole expérimental exact de l’expérience de Milgram
- Les variations de l’expérience (proximité de la victime, présence de pairs rebelles, distance de l’autorité…)
- L’analyse psychologique de la soumission (état agentique, conflits moraux)
- Les implications pour comprendre les comportements destructeurs en société
Prérequis éventuels : Aucun. C’est un livre très accessible, écrit pour le grand public cultivé autant que pour les étudiants.
⚠️ Piège à éviter : Ne pas croire que Milgram justifie l’obéissance ! Il l’explique pour mieux la comprendre et, idéalement, y résister. Ne confondez pas description scientifique et prescription morale.
✅ Notre conseil : Lisez ce livre en première année, avant même vos cours magistraux. Vous comprendrez mieux les enjeux de la psychologie sociale et vous aurez une longueur d’avance. Prenez des notes sur les différentes variantes expérimentales : elles tombent souvent aux examens !
🔸 THE INDIVIDUAL IN A SOCIAL WORLD (1977)
Pour qui : L3 minimum, idéal en Master
Difficulté : Moyenne à difficile (en anglais, recueil d’articles scientifiques)
Thème principal : Recueil d’articles couvrant l’ensemble des travaux de Milgram : obéissance, petit monde, psychologie urbaine, télévision, etc.
Ce que vous allez apprendre :
- La diversité des recherches de Milgram au-delà de l’obéissance
- Ses réflexions méthodologiques sur l’expérimentation en psychologie sociale
- Ses analyses sur la société américaine des années 1960-1970
- L’articulation entre différents domaines de la psychologie sociale
Prérequis éventuels : Avoir lu « Soumission à l’autorité ». Bon niveau d’anglais académique. Bases solides en méthodologie expérimentale.
⚠️ Piège à éviter : C’est un recueil, pas un livre structuré. Ne cherchez pas une progression linéaire. Piochez les articles selon vos besoins (mémoire, thématiques de cours).
✅ Notre conseil : Réservez ce livre pour préparer un mémoire ou approfondir un sujet précis. Excellent pour citer Milgram sur des thèmes autres que l’obéissance et montrer que vous connaissez la diversité de son œuvre.
Erreurs à éviter
❌ Confondre Milgram et Zimbardo : Milgram = obéissance à l’autorité / Zimbardo = prison de Stanford, rôles sociaux. Ce sont deux expériences différentes !
❌ Croire que les participants ont vraiment donné des chocs électriques mortels : Non, tout était simulé. L’apprenant était un acteur. Mais les participants, eux, croyaient que c’était réel.
❌ Généraliser abusivement : « Milgram prouve que tout le monde est un nazi potentiel. » Non. Il montre que dans certaines conditions précises, beaucoup de gens obéissent à l’autorité, même contre leur conscience.
❌ Négliger les variantes : L’expérience de base (65% d’obéissance totale) est célèbre, mais Milgram a testé 18 variantes différentes ! Connaître ces nuances fait la différence à l’examen.
❌ Oublier les questions éthiques : Toute copie sur Milgram doit évoquer les controverses éthiques. C’est central pour comprendre l’évolution de la recherche en psychologie.
FAQ – QUESTIONS FRÉQUENTES
CONCLUSION
Stanley Milgram est l’un des psychologues sociaux les plus importants et les plus accessibles pour les étudiants en psychologie. Son livre « Soumission à l’autorité » doit figurer dans votre bibliothèque dès la L1 : il est captivant, éclairant et vous servira tout au long de votre cursus, jusqu’au Master et au-delà.
Milgram vous apprend à regarder autrement le pouvoir, l’obéissance, la responsabilité individuelle. Ses travaux posent des questions essentielles : jusqu’où sommes-nous capables d’aller par obéissance ? Comment résister à l’autorité injuste ? Pourquoi des gens ordinaires participent-ils à des systèmes destructeurs ?
Pas de panique : commencez par « Soumission à l’autorité », prenez des notes sur les variantes expérimentales, et n’oubliez jamais de mentionner les questions éthiques dans vos copies. Vous aurez ainsi une base solide pour comprendre la psychologie sociale, le pouvoir, et la complexité du comportement humain en situation.
Bon courage dans vos lectures, et n’oubliez pas : la connaissance de Milgram, c’est aussi apprendre à penser par soi-même et à résister aux pressions injustes. Exactement ce qu’on attend d’un bon psychologue !



